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Interview Beatzmaking : YoroGlyphe (NKLM)

BeatzMaking a soumis son questionnaire à YoroGlyphe, figure de proue de l’équipe NKLM.

Interview Beatzmaking : YoroGlyphe (NKLM)

BeatzMaking : Tout d’abord merci pour le temps que nous accorde. Peux-tu nous faire une  présentation pour les personnes qui ne te connaitraient pas, ni la MacFly Mafya ?
YoroGlyphe : Mon blaze c’est YoroGlyphe (Jeu de mots entre « hiéroglyphe » et mon prénom Yoro, y’en a qui n’arrive toujours pas à comprendre!)

En fait, la MacFly c’est plus du rap que du beatmaking c’est un groupe composé de Zekwe Ramos qu’on ne présente plus, de Waybess le belge affilié à Néochrome, Nylz Neves le doyen de la team, Zii Block l’indien, le plus jeune de l’équipe et puis moi…

Pour la partie compositeur j’ai un groupe qui s’appelle NKLM (NiK Les Mouths) composé de Kpoint (qui vient de rapper sur le remix de Juicy P « Danse avec les loups ») , Syger mon bras droit, Resfa l’ancien de Grigny, Dope Boy le trappeur d’Epinay et Karson le plus mainstream d’entre nous.

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BM : Depuis combien de temps fais-tu des prods ?
YG : A la base j’étais rappeur, j’ai commencé en 2003, puis je suis venu en France pour mes études. Comme je connaissais personne à cette époque, mon cousin m’a appris à faire des beats c’est comme ça que j’ai fait mes premiers pas dans la compo.

BM : Quell est le matériel que tu utilises pour produire ?
YG : Je travaille sur FL Studio depuis le début, j’ai jamais changé de logiciel. Mais quand tu bosses avec HitsAlive (beatmakers pour Seth Gueko) ou Zekwe, t’es obligé d’essayer autre chose, genre MPC ou Reason avec clavier midi. Ça montre un autre aspect de la musique c’est toujours bien de s’ouvrir l’esprit.

BM : Quand tu te lances dans une instru, comment se passe la mise en patique ?
YG : Ça dépend de l’humeur du jour en fait, parfois j’ai un sample qui traine dans le PC pendant des mois et je me décide à le bosser, sinon je peux avoir une mélodie que je fredonne en pleine rue, tu sais jamais quand l’inspiration va te tomber dessus…

Ma musique c’est un mix de genre, j’ai grandi en Afrique, je suis français, je suis attiré par les cultures japonaises et américaines, je suis un « Melting Pot Vivant » ! (Rires)

BM : Certains affirment haut et fort que la « Trap » tue le rap. Qu’en penses-tu ?
YG : Ils me font bien rire ceux qui disent ça !!! Faudrait déjà qu’ils se renseignent sur l’histoire du style « Trap » originaire d’Atlanta et qui existe depuis très longtemps…

Bref, il suffit de regarder les ventes aux USA des « Trappeurs » et des rappeurs pour voir de quel côté penche la balance. Aujourd’hui les plus gros vendeurs de disques rap c’est Jay-Z, Eminem, J-Cole, Drake, Kendrick Lamar etc… et aucun d’eux ne fait de « Trap ».

En France t’as IAM, Soprano, Youssoupha, Orelsan, Jul, etc… qui s’en sortent sans faire ce style de musique. C’est un faux débat pour moi, quand t’es bon, t’es bon !

BM : On a l’impression que les producteurs qui ne font pas ou peu de « trap » n’intéressent personne. Suivre cette tendance serait la solution pour pouvoir se placer sur les projets des rappeurs?
YG : Bah je ne suis pas forcément d’accord avec ça. Tous les jeunes beatmakers se sont mis à faire ce style, du coup, quand tu proposes autre chose aux rappeurs, ils tendent l’oreille parce que tu leur ramènes un truc différent.
Mon meilleur exemple c’est « Jamais » de Gradur produit par mon frérot Mr Punisher.
C’est le morceau qui a le plus marqué dans cet album et qui a permis à «l’homme au bob» d’accéder au public mainstream, à la radio et ça ramène une fraicheur dans l’album.

BM : Et ce retour sur le devant de la scène du « Boom Bap » , du son dit « à l’ancienne » et des reprises d’anciens tubes, nostalgie, manque d’inspi ou volonté de rester classique?
YG : Je pense que c’est Boi1da qui est à fond dans ce délire avec « 0 to 100 » de Drake, « Believe me » ou même « The blacker the berry » de Kendrick Lamar, mais c’est toujours avec un travail de mix et de
recherche de sonorités qui font que ça reste moderne.
T’as aussi Trey Songz qui reprend Lauryn Hill et les Fugees, ou même Eric Bellinger et 2 Chainz qui font le remake de « Oochie Wally » de Nas dans « Focused on you ».
C’est ça les States, c’est des adeptes des reprises bientôt ce sera au tour de 2Pac et Biggie d’être repris.
C’est plus une question de dédicace ou de remixer le morceau que t’as kifé à l’époque qu’autre chose d’après moi.

BM : Comment vois-tu la situation des beatmakers en France comparée aux USA ?
YG : En France, c’est mitigé je dirais. Ça commence à changer, mais nous ne sommes clairement pas mis en avant, ce n’est pas dans la culture française. Le public ne s’intéresse pas aux coulisses.
Ils préfèrent que tu leur balances un morceau carré, avec un clip bien fait, sans porter attention au réalisateur ou au compositeur. Dans leurs têtes, il n’y a que le rappeur.
Regarde le morceau de Niska « PSG » , je n’ai pas reçu le quart des retours qu’il a eu et pourtant tout le monde danse sur mon beat, c’est cruel mais c’est comme ça ! (Rires)
Faudrait que les rappeurs nous prennent plus en considération, nous mettent en avant comme j’ai pu le faire avec Zesau, et faudrait surtout que les beatmakers se vendent comme au States : qu’ils organisent des évènements, qu’ils montent des structures, qu’ils sortent leurs propres projets etc…

BM : Selon toi, existe t-il une unité entre les beatmakers ou bien est-ce la compétition totale un peu comme chez les rappeurs?
YG : Personnellement, je m’entends bien avec tous les producteurs que je fréquente, après je ne peux pas répondre pour les autres. J’adore les collaborations, chacun ramène sa touche c’est comme un gros featuring dans le rap, sans le coté glamour, après y a de la compétition c’est sûr mais de mon côté ça reste sain.

BM : Quelles sont tes principales influences musicales ?
YG : J’écoute vraiment de tout. Du mbalakh (Musique Sénégalaise) à la dubstep en passant par la pop, le jazz, le rap, la salsa, etc… mon mp3 c’est le bordel ! (Rires)

Ce que j’aime dans la musique, ce sont les émotions qu’elle peut dégager : la joie, la colère, la tristesse, le désespoir, etc… et puis à part l’argent, la musique c’est le langage universel dans ce monde.

BM : Y’a t-il un producteur renommé que tu ne kiffes pas plus que ça ?
YG : Non, je ne pense pas. Y’a des beatmakers que j’apprécie plus que d’autres c’est sûr, mais je respecte le boulot de tous. Je sais à quel point c’est dur d’évoluer dans ton truc avec ton entourage, les rappeurs, la gloire (pour certains), le boulot, les soucis, la drogue (pour d’autres) donc si t’arrive à t’en sortir, je ne peux que te féliciter, que tu sois excellent ou moyen.

BM : Comment se passent tes collaborations avec des artistes aussi différents que Seth Gueko, Niro, Mala ou Butter Bullets ?
YG : Franchement ça dépend de l’artiste. Y’en a beaucoup qui te laisse carte blanche, du coup j’envoie des prods que j’ai bossé, tout en les choisissant bien par rapport aux préférences de chacun.

Pour « Tout ça pour un kwah » de Niro j’étais sur un délire avec beaucoup de basse et peu de mélodies accompagnés de mes voix et Zekwe m’a dit de lui d’envoyer, je me suis exécuté et ça a payé.

Pour Mala c’était un peu plus compliqué, parce qu’il est dans un autre registre. Du coup je lui ai bossé une prod sur mesure et c’est celle qu’il a choisi dans ma palette, j’étais fier.

BM : On a remarqué que tu avais Ca$his sur des prods à toi, comment se concrétisent les connexions internationales?
YG : J’ai bossé avec Ca$his par l’intermédiaire de Punisher (Trop de connexions ce gars là !) et puis je suis resté en contact avec son producteur Rikanatti avec qui j’ai beaucoup collaboré depuis d’ailleurs. Sinon j’étais en contact avec Casino le pote à Future qui rap dans « Karate Chop » ou « Move Da Dope » et dont personne se souviens miskin ! (Rires) J’ai produit des sons dans ses deux dernières mixtapes, des morceaux pas mal.

BM : Tu préfères qu’on dise que tu es un producteur, un beatmaker ou un compositeur ?
YG : Mdr c’est quoi cette question ??? Tu viens de me sortir 3 synonymes là ! C’est pareil !

BM : Pour finir, peux-tu nous glisser un mot sur ton actualité du moment et ce qui arrive ?
YG : Rendez-vous le 1er juin dans les bacs pour la sortie de « Mr Eow » de Black Brut. La rentrée s’annonce lourde avec Mala et Seth Gueko.

J’ai aussi ma « Empire Mixtape » qui arrive bientôt avec celle de Niska.

Pour m’entendre rapper va falloir attendre la sortie de Macfly Mafya courant 2015, vous allez pouvoir vous délecter d’un cocktail de « débiles géniaux ».

Interview Beatzmaking : YoroGlyphe (NKLM)

BM : Merci pour ta participation à ce questionnaire et à très bientôt sur BeatzMaking.
YG : Merci à vous aussi pour le soutien que vous apportez à notre « profession ». Du courage et bonne chance.

N’hésitez pas à suivre YoroGlyphe sur Twitter, Instagram, Facebook et Soundcloud.

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