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Interview BeatzMaking : Hits Alive

BeatzMaking a fait passer son interrogatoire sanguinolent à Mayer et Martinezz plus connus sous le nom Hits Alive. Amateurs de chair fraiche, celle-ci est pour vous.

Interview BeatzMaking : Hits Alive

BeatzMaking : Amis zombies, merci de nous accorder un peu de temps avant la nouvelle saison de Walking Dead. Pour commencer, expliquez-nous un peu à quel moment vous vous êtes faits mordre ? Comment avez-vous été infecté par le virus musical ?

Mayer : Merci à toi pour la sollicitation et l’exposition. Pour répondre à ta question, on écoute de la musique depuis le début. Au stade d’être humain, on berçait déjà dans la musique.
Pour ma part, mon enseignement musical vient de mon père qui tenait une boutique de vinyles plus jeune. Mon appart en était infecté. Comme tous les gosses des années 80, j’ai pris la dance des années 90 dans la gueule, le Hard Rock (Metallica, Iron Maiden, Nirvana…)
En rap, trois chocs monumentaux : Wu Tang Clan « Enter to the 36 chambers », Snoop Doggy Dogg « Doggystyle » et Mobb Deep « Hell On Earth » un peu plus tard. A partir de là, j’étais définitivement bousillé, je commençais à devenir un vrai zombie du rap. Cette musique m’a bercé toute mon adolescence. Les années passant, je suis devenu accroc à tous types de musiques : Electro, Rock progressif, Bandes originales de films, R&B, Funk, Soul, Jazz…
Martinezz : Tu parles de la saison 5 ? Déjà vue ! (rires)
Sinon pour ma part, j’ai commencé en tant que rappeur avec un groupe de mon quartier (le V2M Crew). On a fait quelques mixtapes à l’époque mais mon vrai délire c’était la production.
J’ai rencontré Mayer par rapport à un pote qui m’a dit : va faire un tour à Orly, y’a un petit Allemand sympa qui fait des instrus, vous allez bien vous entendre !
Puis j’ai appris avec lui et depuis on se lâche plus !
Sinon niveau influences… Je suis vraiment un gros fan de la westside made in Death Row.
Puis après je me suis buté aux productions de Dr Dre, Rza, Alchemist, Dj Quik, Hi Tek, Battlecat et j’en passe. J’ai toujours plus kiffé les producteurs que les rappeurs en fait…


BM : D’où viennent vos blazes? Un mélange de Frankeinstein, Waffen SS, Israël avec un soupçon de corrida ?

Mayer : HITS ALIVE ça vient d’un célèbre passage du film Frankenstein de 1931 où le professeur fait renaitre la bête. C’est une métaphore pour dire qu’on ressuscite la bonne musique.
En solo, j’ai plusieurs Blazes : Math Mayer qui est tout simplement relié à mon prénom + nom. Y’a Dr NAZI aussi, c’est le côté malsain de mon personnage, mes origines de bon aryen : le chirurgien musical, celui qui dissèque et charcute les samples. Je vais sortir des morceaux sous ce blaze d’ailleurs. Ça va trancher des carotides.
Martinezz : Plutôt un mélange de Anthropophagus, Maniac avec un une pincée de Beetlejuice pour la débilité morbide.
Sinon, Martinezz, c’est Seth Gueko qui m’a rebaptisé comme ça par rapport à ma gueule de mexicain (rires).


BM : Le travail à quatre mains se passe comment? Y’a deux mains qui bossent et deux autres qui préparent l’alcool et la drogue?

Mayer : Laisse-moi te dire que les vrais zombies n’ont parfois plus qu’une main. Alors quand il ne te reste plus que la gauche, je peux te dire que la branlette c’est terminé. (Rires)
Oui sinon, ma spécialité c’est plutôt la composition pure même si comme beaucoup j’ai commencé par le sample.
Martinezz : 4 mains et un demi-cerveau (rires).
Des fois, je bosse des petites boucles tirées de films d’horreur 80’s de mon côté et comme c’est souvent très pourave y’a Mayer qui rajoute de la compo dessus histoire que ce soit plus écoutable.
Et on fait quelques séances ensemble dans son laboratoires nazi mais c’est de plus en plus rare vu qu’on se supporte plus.


BM : Vous produisez pour des personnages hauts en couleur comme Seth Gueko, Alkpote, Butter Bullets ou DFHDGB … les rappeurs normaux vous emmerdent?

Mayer : Détrompe-toi, j’adore le MC Solaar de « Prose Combat ». Ah mais oui c’est pas un rappeur pardon. Non, sérieux, j’aime beaucoup de rappeurs à priori sans artifice comme Flynt, Rocé. Mais c’est vrai que pour ce qu’on développe en tant que groupe, on a besoin d’identités très marquées et de bosser avec des rappeurs bien racés, avec plein de cicatrices et des trucs dégueulasses sous les ongles. Sinon j’adore Nemir, c’est vraiment le mec avec qui j’aimerai bosser par-dessus tout dans le game FR.
Martinezz : Les rappeurs normalement constitués et formatés pour des rotations radios ne nous appellent pas et tant mieux, on s’en branle totalement.
Le Mainstream, on sait le faire, on l’a prouvé avec l’album « Bad Cowboy » de Seth Gueko.
Mais bon, on a un style un peu trop deep pour ce rap français un peu trop dep !
Les rappeurs en 2015 ne veulent plus se prendre la tête à écrire des vrais textes et notre musique est un peu trop complexe niveau ambiances pour ça.


BM : Les auditeurs aiment bien donner leur avis sur les prods de tel ou tel artiste francais mais en général ont du mal à citer les producteurs qui les font. Alors que quand un cainri sort un son ils savent tout de suite qui a produit. Ils en ont vraiment rien à foutre de ce qui se passe ici?

Mayer : En France, pour le rap, beaucoup d’auditeurs n’ont pas de vraie culture musicale et ont pris l’habitude de consommer ce qu’on leur donne sans vérifier ce qu’il y a vraiment dans leurs oreilles. Je pense que ça vient aussi du fait que les rappeurs eux-mêmes ne mettent pas vraiment les producteurs en lumière (pour la plupart), ce qui ne facilite pas trop les choses. Mais ça commence à changer, les mentalités évoluent…
Martinezz : La différence aux États-Unis c’est que les rappeurs eux-mêmes ont starifié les producteurs par du name-dropping par exemple ou des apparitions dans leurs clips.
Et beaucoup de rappeurs eux-mêmes se sont mis à la production et vice/versa comme RZA, Dr Dre, Kanye West, Timbaland, Pharrell etc…
Ici les producteurs sont souvent que des producteurs et les rappeurs restent que de simples
rappeurs. Chacun son taff. Point barre.


BM : Vous êtes toujours sur Reason ou vous êtes passé sur de la grosse bécane avec plein de potards pour faire bien sur Instagram?

Mayer : Toujours sur Reason et toujours accompagnés du Transylvanian Zombie Orchestra (…) Tu sais les machines, c’est bien, mais ça ne remplacera jamais les cerveaux. L’être humain est beau. Le zombie est bon.
Martinezz : Ouais, Reason c’est efficace. Pas assez de thunes pour les synthés poussiéreux des Daft Punk.


BM : Les voyages en Thaïlande ça vous sert à ramener une autre vibe pour vos sons ou c’est juste pour le tourisme sexuel?

Mayer : Moi je n’y ai jamais foutu les pieds. T’façon, plus je compose, plus je me décompose.
Martinezz : La Thaïlande n’influence en rien notre musique. C’est juste l’enfer au paradis ou le contraire, je sais pas (rires)
Mais j’ai fait de belles rencontres artistiques là-bas vu que je mixe souvent au Seth Gueko Bar. En plus, on a notre petit studio avec Seth donc j’ai enregistré quelques rappeurs avec qui on a collaboré.


BM : Est ce qu’il y aura des suites aux Bloody HalloweenBloody Valentine et Triple 6 Vol. 1 et Vol. 2 pour les affamés de chair fraîche?

Mayer : On bosse sur plusieurs projets en simultanés dont OST (Original Sound Tracks) qui sera fait comme un album avec de véritables morceaux de rap, Pop/Electro. On a déjà enregistré pas mal de choses. Çà pourrait voir le jour en 2015 (Si 666 le veut). A ma connaissance, c’est quelque chose de complètement inédit pour la France. Un projet hybride à l’image de notre musique.
Martinezz : Triple 6 vol.3 et surtout OST !!!


BM : La question pignole du jour : si vous deviez qualifier votre musique en 1 mot?

Mayer : Mortelle.
Martinezz : Anticonstitutionnelle.
J’ai toujours rêvé de placer ça en interview (rires).


BM : Pour finir en beauté, passez aux aveux, ou est ce qu’on peut vous retrouver sur quels projets en ce ment et dans le futur?

Mayer : En ce moment, on bosse avec Zekwé Ramos et notamment on a participé au « Premier Métro » nouvelle version qui sortira en clip. On a envoyé des prods à droite, à gauche, on attend les retours.
Sinon, tu nous retrouveras sur le prochain album de Seth Gueko pour lequel on a encore assuré une bonne partie de la production. On a bossé aussi avec DFHDGB et le rappeur Dixon (ex membre de Golden Eye Music – pas celui qui s’est accouplé avec Booba dans une salle de sport à Miami), on a enregistré plusieurs morceaux pour un projet commun qui verra peut-être le jour un jour (c’est quoi cette expression de merde !)
Je peux te dire que c’est du pur HITS ALIVE. L’alchimie est incroyable.
Martinezz : Mayer a tout dit.


BM : Merci pour ce délicieux moment et à bientôt sur notre site modestement génial.

Mayer : Merci à toi pour cette interview de la mort.
Martinezz : Merci mon zombie.


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