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Interview BeatzMaking : DJ Pain 1

Aujourd’hui BeatzMaking inaugure ses interviews de producteurs US. Le premier à en faire les frais, DJ Pain 1.  Entre ses débuts, ses collaborations, sa vision du business et ses différentes activités, il parle sans détour. Let’s go !

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Interview BeatzMaking : DJ Pain 1


BeatzMaking : Merci pour ta participation à cet entretien. Peux tu nous résumer ton parcours depuis tes débuts ?

DJ Pain 1 : Je pourrais résumer en disant que je suis sous-payé et surchargé de travail. Ça n’a pas changé. Je fais de la musique depuis longtemps, mais pour le public en général, ma carrière a commencé en 2008 quand je me suis placé sur l’album de Jeezy.


BM : Est-ce que c’est difficile de s’imposer quand on est originaire du Wisconsin plutôt que de N.Y.C, L.A, ATL ou Chicago?

DJP : Voilà une bonne question, et on me la pose souvent. Je suis vraiment pas sûr. Je pense que le fait de venir d’un endroit négligé, sans aucune présence de l’industrie musicale, a ses avantages, c’est un territoire inexploré. Et avec Internet, tu peux connecter le monde entier. Cependant, être présent aux séances studio avec les possibilités de créer son réseau c’est inestimable. J’aimerais quand-même voyager plus.


BM : En plus de tes placements, tu as sorti des séries de mixtapes instrumentales gratuites mais aussi des drumkits et des samples libres d’accès, c’est important d’occuper le terrain ? C’est ça le fameux secret pour perdurer en tant que producteur?

DJP : Je ne sais pas si c’est le secret pour durer en tant que producteur, mais ça m’a certainement aidé à construire une base de supporters. Le fait de donner a vraiment élargi ma portée, et en tant que musicien, je veux atteindre les gens plus qu’autre chose.


BM : Selon toi, est-ce que les producteurs ont la place qu’ils méritent dans le business ou y’a t-il encore des progrès à faire ?

DJP : Les producteurs et les auteurs-compositeurs sont très mal traités, par l’industrie mais aussi par les amateurs. Mais je crois que c’est surtout de notre faute, on laisse notre travail être traité comme dispensable. Beaucoup trop d’entre nous agissent comme si nous étions simplement heureux de faire de la musique, indépendamment du fait que nous recevons de l’argent ou que nous nous arrangeons sous d’autres formes.


BM : Est ce qu’il y a une unité au sein des producteurs?

DJP : Je dirais qu’il y a une bonne unité entre les producteurs. Les producteurs sont constamment en train d’échanger des sons, de partager des ressources et de collaborer. Mais j’ai aussi vu beaucoup de producteurs qui profitent d’autres– en signant des autres beatmakers avec des vieux contrats de production par exemple. Je pense que c’est le cycle de l’abus qui se perpétue par ceux qui l’ont vécu.

 


BM : Tu es très présent sur le net via ton site et tes vidéos sur YouTube dans lesquelles tu donnes des conseils et des avertissements pour les upcomers , tu te sens dans l’obligation de mettre en garde les rookies sur la réalité du business?

DJP : Je ne me sens pas obligé, mais je sais que si la communauté de producteur ne se porte pas bien, ça va m’affecter moi aussi. Je veux être une force positive.


BM : Concernant tes vidéos explicatives sur les beats que tu as produit, tu donnes beaucoup de détails sur les VST’s et les presets que tu utilises, tu ne crains pas qu’on pompe ton style ?

DJP : Si un autre producteur peut faire des beats exactement comme je le fais juste en utilisant les mêmes VSTs que moi, c’est que mes instrus doivent être vraiment pourries ! J’espère que ce n’est pas le cas.


BM : D’ailleurs un de nos membres souhaitaient savoir ce que tu conseillerais comme plugin pour le mix et le mastering ?

DJP : Je ne m’y connais pas beaucoup en mix et mastering. En ce qui concerne les mixs , j’utilise beaucoup les panoramiques et l’EQ, rien de spécial. Je pense qu’éduquer son oreille est la chose la plus importante.


BM : Il t’arrive d’ajouter des instrumentations live et de pas quantizer certains éléments, est ce important de donner ce côté « vrais instruments » dans tes prods?

DJP : Je pense que oui. J’adore les textures organiques et les sonorités « réelles » quand j’écoute de la musique, alors je veux la même sensation dans mes propres beats.


BM : Tu bosses avec des artistes aux styles très différents et aux lyrics variés (Kool G Rap, Vado, Ransom, Young Buck, Smoke DZA…) , est ce qu’il t’arrive de produire spécifiquement pour un artiste ?

DJP : Parfois. Et des fois, je laisse le processus de production se faire tout seul. Je ne suis pas sûr que ce soit bon ou mauvais.


BM : Tu as plutôt tendance à envoyer tes prods par mail ou a faire des sessions d’écoute en studio ?

DJP : Les deux. Les sessions studio c’est mieux, juste que ça prend un peu plus de temps et parfois c’est impossible dans la logistique.


BM : Tu as organisé des événements tels que ces sessions de beatmaking avec des enfants en pleine rue, auras-tu d’autres initiatives dans le même genre ?

DJP : Oui, je co-fondé une association à but non lucratif appelée UCAN  et le service pour la jeunesse sera toujours une partie de notre mission de base.


BM : Tu sais un peu ce qui se fait au niveau production en France ou en Europe ?

DJP : Un peu. J’ai beaucoup appris quand je suis venu en France l’année dernière et un peu sur la scène au Royaume-Uni j’ai passé une semaine à Londres récemment.


BM : Si tu devais donner des conseils pour une meilleure exposition des producteurs français ?

DJP : Être focus sur le marché autour de soi.


BM : Imaginons qu’un rappeur ou un producteur français veuille collaborer avec toi, quelle est la marche à suivre ?

DJP : Il peut y avoir différentes manières. Si un rappeur veut travailler avec moi, il faut qu’on voit si, musicalement, ça a du sens, après on gère la partie business. Je fais au cas par cas. Concernant les producteurs, je ne collabore pas avec, à moins qu’ils puissent faire quelque chose que je ne peux pas, et vice-versa.


BM : Pour finir peux tu nous dire ce qui arrive pour toi aux niveau collaborations et projets personnels ?

DJP : Je travaille sur une tonne de projets avec beaucoup de gros artistes– je déteste parce que comme rien n’est fini je ne peux pas en parler, même si j’en serais ravi. Mais sinon, je publie un kit de batterie bien lourd très bientôt, donc s’il vous plaît soyez à l’affût !


BM : Merci pour tes réponses et on te souhaite le meilleur pour l’avenir.

N’hésitez pas à aller suivre DJ Pain 1 sur Twitter, Facebook, Instagram, YouTube et son site www.djpain1.info

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