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Interview BeatzMaking : Focus…

Nouvelle interview américaine avec cette semaine Focus… l’un des piliers de l’écurie Aftermath. Celui qui s’est récemment illustré à la production de titres comme l’Intro,  Loose Cannons, Issues ou Deep Water sur l’album de Dr. Dre Compton nous parle de lui, sa musique, ses influences et ses connexions avec la France.

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BeatzMaking : Salut Focus… comment vas-tu ?

Focus… : Tranquille ! J’espère que tout va bien pour vous aussi.

 

BM : On a pas à se plaindre ! Peux-tu nous faire une petite présentation pour les dernières personnes qui ne connaitraient pas ?

F… : Pour ceux qui ne savent pas qui je suis, mon nom est Bernard Edwards, Jr., fils du célèbre bassiste et producteur de CHIC, Bernard Edwards. Je m’appelle Focus … et je produis de la musique pour Aftermath Entertainment

 

BM : Tes instrus ont toujours beaucoup de groove, est-ce l’héritage musical de ton père qui te sert dans ton approche de la production ?

F… : Mon père a certainement eu une grande influence sur mon approche et a été un énorme mentor en ce qui concerne mon groove. J’ai beaucoup appris de lui et et de sa façon d’écrire et de produire pour CHIC

 

BM : Nile Rodgers a fait un come back assez fort grâce à son travail avec Daft Punk, pourra-t-on voir un jour une collaboration entre vous deux ?

F… : Honnêtement, J’ADORERAI travailler avec Nile et faire un nouveau disque de CHIC. Si ça devait arriver, ce serait une énorme bénédiction, mais il n’y a rien de prévu pour l’instant …

 

BM : Concernant le matériel que tu utilises, quel est ton équipement favori ?

F… : En ce moment c’est Logic Pro X. J’ai toujours ma MPC 3000, mais, pour le moment, je n’utilise que Logic

 

BM : À combien évalues-tu la part de sample et de composition dans tes beats ?

F… : Je tendance à aimer utiliser des morceaux de samples, en particulier mes batteries. L’utilisation de samples dépend vraiment de ce que je suis en train de créer et pour qui je le fais. Le problème c’est les éditions, les droits qui peuvent vraiment être difficiles à obtenir, donc j’essaye de ne pas trop en utiliser …

 

BM : Comment vois-tu la musique uniquement réalisée sur logiciel, considères-tu ça comme de la production ou de la programmation ?

F… : Un beatmaker qui ne comprend pas les facettes et les paramètres de la production est seulement un programmeur, à mon avis. Je sais que beaucoup de producteurs qui produisent uniquement sur les logiciels sont vraiment incroyables et je sais qu’ils comprennent comment produire une chanson du début à la fin. Comme je le disais avant cette question, je ne bosse que sur logiciel  et j’ai quand même le sentiment de produire, mixer et composer aussi bien, sinon mieux, que lorsque j’avais une pièce pleine de matos …

 

BM : Quelles ont été tes influences majeures en terme de production rap and RnB ?

F… : Mes principales influences vont de Stevie Wonder à Prince en passant par Dr. Dre et DJ Premier. J’ai beaucoup de producteurs sur ma liste …

 

BM : Parmi tous les producteurs d’aujourd’hui , qui trouve grâce à tes yeux ?

F… : Certains de mes favoris dans le game sont Mr. Porter, DJ Khalil, Dem Jointz, Cardiak, DJ Dahi, The Olympicks, D.R.U.G.S., Terrace Martin et Nottz juste pour nommer quelques-uns des principaux …

 

BM : Te concernant, c’est par le biais de ton travail avec Daks que tu as été approché par Aftermath, quel était ton état d’esprit quand tu as su que tu allais rejoindre l’écurie de Dr. Dre ?

F… : J’étais comme un dingue ! Dre savait dès le début combien il m’a influencé et je savais que tout ça était une énorme bénédiction. Je n’arrivais pas à croire que Dre voulait miser sur moi. Je serai éternellement reconnaissant envers lui …

 

BM : Après 7 ans dans la structure, tu es parti pour te consacrer un peu plus à ta vie familiale, c’est difficile pour un producteur de ton niveau d’associer famille et musique ? Comment arrives-tu à concilier les deux maintenant que tu es de retour dans le label ?

F… : C’est drôle, je ne me vois pas comme un « grand » producteur. Je suis béni de travailler avec certains des plus grands dans l’industrie, c’est juste ça, j’ai travaillé avec certains DES PLUS GRANDS dans l’industrie ! Ce n’est pas moi qui les ai rendu grands voire supérieurs ! Dr. Dre a contribué à faire d’Eminem, 50 Cent ou Snoop des grands et beaucoup, beaucoup plus. Je connais juste la «famille» ! Je sais seulement que mon devoir est aussi d’être un soutien, un père et, surtout, un mari. Spirituellement, je devais me reconnecter avec Dieu et c’est ce qui me maintient focus (sans jeu de mots), Dieu d’abord, la famille ensuite et ma carrière en troisième !

 

BM : Cette année est assez faste pour toi notamment grâce à ta participation à l’album « Compton »; Vu d’ici, la façon dont les différents producteurs ont abordé ce projet semble similaire à une super production Hollywoodienne. Comment s’est passé toute la période de réalisation ?

F… : ÉCRASANTE ! Je suis toujours un fan de Dre et le fait de savoir que nous avons travaillé sur un projet que le monde entier allait écouter a été complètement écrasant et une leçon d’humilité dans le même temps. Tout le monde a tout donné pour Dre et apporté leur meilleur ! L’équipe est intestable !

 

BM : Il y a quelques années, tu as produit pour des rappeurs français comme Kamini mais surtout La Fouine dont tu as produit 6 titres, comment s’est faite la connexion ?

F… : Je bossais avec un bon ami à moi, Cilvaringz, et à travers ses nombreuses connexions je suis arrivé à travailler avec La Fouine, Salah Edin, Kamini et quelques autres …

 

BM : As-tu ressentis une grande différence dans la manière d’aborder la musique par rapport aux américains ?

F… : Pas du tout ! La musique est un langage universel et c’était la seule langue que nous avons tous compris dans le studio. Nous avons dû faire de la bonne musique. J’aurai aimé faire quelque chose de plus grand, plus commercial pour La Fouine mais je pense que pour notre première collaboration ensemble, c’était plutôt pas mal …

 

BM : Est-ce un bon souvenir ?

F… : Un très bon souvenir ! Je voulais revenir en France et travailler avec Booba et quelques autres, mais on n’a jamais eu la chance de faire en sorte que cela se fasse …

 

BM : Est-ce que nous la chance d’entendre à nouveau des rappeurs français sur tes productions ?

F… : J’espère. Dites-leur de me téléphoner … (Rires)

 

BM : Hormis « Compton », quelle est ton actualité et que prépares-tu pour la suite ?

F… : J’ai certains projets instrumentaux qui vont sortir, des nouveaux sons avec Busta Rhymes, Marsha Ambrosius et j’ai juste pour projet de travailler avec quiconque est prêt à le faire. Je suis heureux des retours de Compton au niveau mondial et j’espère qu’il résistera aux années à venir  …

 

BM : As-tu un conseil à donner aux producteurs français qui lisent cette interview ?

F… : PERSÉVÉREZ ! Il n’y a pas de meilleur conseil parce que chaque situation est différente, mais la seule chose qui aidera chaque producteur dans le monde est la consistance et la détermination. Continuez à faire votre musique !!!

 

BM : Merci beaucoup Focus… et on reste en contact !

N’hésitez pas à suivre Focus… sur Twitter, Instagram et son site focus3dots.com .

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