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Interview BeatzMaking – Ponko

La Belgique est au premier plan dans le rap en 2016, et évidemment, aucun artiste n’a fait carrière a capella ! C’est pourquoi BeatzMaking a interrogé celui qui laisse son empreinte musicale sur chaque grosse sortie du moment : Ponko.

Son parcours, son matos, sa vision et sa récente signature…. cliquez !

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BeatzMaking : Salut Ponko, tout d’abord merci de nous accorder du temps pour cet entretien, j’imagine que tes journées sont chargées depuis quelques mois ?

Ponko : Yo, ça dépend des jours mais j’avoue que ces derniers temps je suis toujours occupé, que ce soit dans la musique ou dans le travail,  dès que j’ai un peu de temps, je le consacre à la musique. Mais ça va pour le moment, je gère plutôt bien mon emploi du temps .

 

 

BM : Personnellement je t’ai vraiment découvert depuis ton affiliation à Trez Recordz, est-ce que tu peux m’expliquer le parcours qui t’a amené à cette signature ?

P : Au tout début Oz m’avait repéré et avait déjà écouté ce que je faisais sur le projet de Négatif Clan « Garçon de Gang Vol.1″. À partir de là, il me suivait.

Un jour, il est passé au studio chez Hamza pour écouter ses nouveaux tracks. Dedans il y en avait 1 ou 2 que j’avais produit. Il a grave kiffé et a demandé à Hamza qui avait produit ces titres. Après ça, il m’a contacté, on a fixé un rendez-vous, il est venu avec Amir. On a chillé, discuté un peu et au fur et à mesure, on a tissé des liens. Le feeling est très bien passé donc quelques temps après, on s’est mis d’accord pour bosser ensemble.

 

BM : Tu as ressenti un avant et un après Trez Recordz ?

P : Franchement, je suis très content de bosser avec eux, depuis que j’ai signé chez Trez Recordz j’ai gagné en force et en détermination mais surtout c’est qu’en peu de temps, ils m’ont appris beaucoup de choses. Ma manière de travailler la musique est plus précise et je les remercie pour ça.

Avoir une équipe comme la leur, c’est une grande source d’inspiration et de motivation, ça pousse vraiment à se surpasser.

 

 

BM : Quand tu bosses avec un artiste, j’ai l’impression que c’est rarement pour faire un one shot, tu privilégies toujours une relation de travail sur du long terme ?

P : Je pense surtout que ça se fait naturellement. Si j’arrive à toucher un artiste avec une seule prod, c’est rare qu’on en reste là. En général, on m’en demande encore ! S’il y a une vraie alchimie entre l’artiste et moi, ça devient une fusion comme par exemple avec Hamza on a fait notre propre SAUCE !

 

 

BM : Tu peux nous parler de ton taf avec Négatif Clan ?

P : Je suis tombé sur leur tout premier clip en 2013 réalisé par E.C. Factory , j’avais grave encaissé le son , je les ai contacté direct. Par la suite, j’ai envoyé une première prod à Coco, il a kiffé de fou, on s’est donné rendez-vous pour parler de projets, puis de là on s’est plus quitté ! J’ai produit 90% des titres sur « Garçon de Gang Vol.1 & 2″,  je leur serai toujours reconnaissant.  Ils ont été les premiers à aimer ma musique et à croire en moi.  Grâce à eux, j’ai rencontré E.C. Factory, il a réalisé tous les clips de Négatif Clan. On se voyait souvent, on partage beaucoup d’idées, c’est devenu un vrai ami. #FreeMesBros

 

BM : Quand on écoute les prods que tu as faites pour Hamza, c’est vraiment des ambiances différentes à chaque fois, ce n’est pas trop dur d’arriver à se renouveler en travaillant avec le même artiste ?

P : Ce n’est pas vraiment une question de se renouveler, ça vient tout seul, je me fixe pas de limite, je n’ai pas peur de proposer quelque chose de nouveau, voire un style qui n’est pas propre à tel ou tel artiste… Quand j’ouvre une session, je ne fais pas en fonction de si je dois bosser un truc pour Hamza ou pour Damso ou quelqu’un d’autre…

Je laisse ma musique s’exprimer avant tout. Après je peux le faire mais c’est pas ce que je préfère ! En tant que producteur, il faut aimer ta musique et avoir confiance en ce que tu proposes sinon on n’a pas besoin de toi, y’a plein de type beats sur YouTube !  (Rires)

 

BM : Est-ce que ça t’arrive de proposer un thème par rapport à la prod que tu donnes au rappeur ?

Je te demande ça, parce qu’en écoutant « Sombre » et « Jean Reno » de Damso, je me suis dit que, paradoxalement, c’est surtout la deuxième prod qui est la « sombritude » incarnée !

P : (Rires) Je suis d’accord avec toi ! Non, pas spécialement ces derniers temps je nomme mes prods (s/o à Amir !), ça peut jouer des fois mais en général on arrive toujours sur autre chose. Par exemple  « Sombre » de Damso, la prod s’appelle « Imhotep » et « Jean Reno » : « TRAP1063 » (oui j’avais déjà atteint 1063 prods trap !!! ) donc tout ça pour dire que ça peut inspirer certains mais souvent ça sort avec un thème différent.

 

 

BM : Quand tu bosses avec un artiste, tu as déjà une palette de prods que tu proposes ou tu préfères créer quand vous êtes ensemble ?

P : J’ai toujours quelques frappes avec moi mais j’aime bien l’ambiance studio avec plusieurs artistes. Avec Hamza on se voit souvent les week-end, on se pose, on commence une prod, ça tue, il enregistre et ainsi de suite… c’est comme ça qu’on a fait « Tu me donnes des idées » et « Mercedes » , si il y a un bon feeling je suis toujours opé.

 

 

BM : Je me demandais aussi, pour la rythmique des batteries dans « Gangbang style » de Lettre A, avoue, t’étais sous produit quand tu l’as faite?

P : (Rires) J’avoue, j’en fais pas 10 des comme ça ! Je me rappelle de cette session, j’étais en congé, j’ai tapé ça en 30 minutes. Il fallait de bons kickeurs, j’ai envoyé ça à Krymo , ils ont tué ça , gros big up à eux d’ailleurs ! Ils font aussi partie des gens qui ont toujours cru en moi.

 

BM : En espionnant tes réseaux sociaux, j’ai vu que tu bossais sur FL Studio, depuis toujours ? Est-ce que tu te sers quand même de machines à côté?

P : FL GANG !!! C’est la base ! J’ai commencé avec ça, j’en suis devenu accro , pas de machines machin chouette… Donne-moi un PC avec FL et un clavier midi et je m’occupe du reste !

 

 

BM : En tant que français je suis obligé de parler de la Belgique qui est en train de conquérir la Gaule ! Étant donné que tu es à la prod dans ces projets majeurs qui sortent, j’imagine que ça te fait plaisir de faire partie de cet engouement ? Comment tu analyses cette montée en puissance ?

P : Ça fait plaisir de ouf de voir qu’on s’intéresse à nous, ici on a pas vraiment d’exposition ni de médias donc oui respect à ceux qui nous ouvre des portes. Il y a une lumière sur nous c’est à nous de l’entretenir comme dirait Damso : « BruxellesVie » !

 

BM : Par contre, le fait que ce soient toujours les rappeurs qui sont reconnus pour les sons aux dépens des beatmakers, tu penses que ça va évoluer avec le temps?

P : Je l’espère, c’est dommage qu’on ait pas plus de reconnaissance mais c’est comme ça ! Pour certains c’est pas plus mal, si tu vois aux States un beatmaker est aussi connus qu’un rappeur. Je parle de beatmakers/producteurs comme Metro Boomin , Southside , TM88 ou encore London On Da Track.

 

BM : Hormis Street Fabulous, est-ce que tu côtoies d’autres beatmakers du Plat Pays ?

P : Là je pense à mon gars Dolfa. On se fait pas mal de sessions, j’ai rarement eu une alchimie pareille avec un beatmaker. Si tu nous vois bosser, tu vas rire ! Il peut commencer quelques notes ou une rythmique, que direct, j’ai une idée que je veux imposer ! J’ai même pas le temps de lui dire qu’il est occupé de le faire !!! Et inversement, je suis dans sa tête, il est dans la mienne c’est fou, #DOLFONKO.

Hamza est un monstre aussi dans la production, il arrive à m’impressionner à chaque session, il va loin dans l’originalité et j’aime beaucoup. Il y a plein de talents en prods chez nous , je pense à des gars comme DeLaFuentes, GuillotineMusic, 187Protocol, Aligaprod, BBL, NegDee, RyukenBeats, AdnSlaveProd, Enael, JeanJass, C.T., C.B. On The Track … Je ne les ai pas tous rencontrés, mais on se suit mutuellement sur les réseaux, un gros big up à tous les beatmakers de BXL.

 

 

BM : Comme on en a parlé, tu es surtout en cheville avec des artistes belges, est-ce que tu t’exportes aussi en France, aux États-Unis, voire ailleurs ?

P : C’est une des raisons pour lesquelles j’ai signé avec Trez Recordz, c’est Oz et Amir qui s’occupent de faire les placements et les démarches vers la France et l’international. Vu ce qu’ils ont accompli en France, j’ai pas besoin de t’expliquer !

 

BM : Tu penses dans un futur proche ou lointain, proposer un projet à toi où tu inviterais des rappeurs ? Ou bien un projet instrumental ?

P : J’y ai pensé mais ce n’est pas vraiment l’objectif pour le moment, si je devais le faire ça serait plus un projet où j’inviterais des rappeurs.

 

 

BM : Sinon qu’est-ce qu’on peut attendre pour la suite, au niveau des collaborations sur des projets d’autres artistes ? Je compte sur toi pour nous balancer une exclu !!

P : Ce n’est pas mon fort de balancer des exclus, j’aime surprendre et laisser les choses se faire. T’inquiètes y’a des ovnis en route ! Y’aura probablement aussi une collaboration entre un artiste et moi où je serai derrière tous les tracks. Je bosse aussi à fond sur Slim Lessio, artiste Trez Recordz en co-prod avec Kore, ça promet. Et aussi San Hucci, un nouvel artiste signé dans la maison. Pour le reste, je préfère laisser les surprises.

 

BM : Ma dernière question : est-ce que tu connaissais BeatzMaking avant notre entretien?

P : J’ai check votre site via l’interview d’Amir , franchement c’est cool .

 

BM : Merci Ponko pour cette interview et à bientôt.

P : Merci à toi et gros S/O à BeatzMaking.

 

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